Dans le contexte d’instabilité que traverse le pays, des incertitudes pèsent sur le projet de relocalisation d’une antenne de l’Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN) à Cahors. Alors que je défends ce dossier au Sénat depuis plusieurs semaines, je suis intervenu dans l’hémicycle le mardi 3 décembre 2024 pour demander à l’État de tenir son engagement.
En 2021, Gérald DARMANIN, alors ministre de l’Intérieur, avait annoncé que des agents d’administration centrale en poste à Paris ou en Île-de-France seraient redéployés dans des villes candidates à les accueillir. Le 16 mars 2022, le ministre communiquait la liste des 20 villes retenues. Cahors était alors sélectionnée pour accueillir 32 agents du ministère de l’Intérieur et leurs familles à l’horizon 2025. En tant que maire, j’avais tenu à saluer la volonté de l’État de relocaliser l’administration centrale au cœur des territoires, de renforcer la proximité entre les services ministériels et les Français et d’accompagner le développement des 20 villes d’équilibre concernées.
Le 13 novembre dernier, j’ai souhaité interroger le directeur général de la Gendarmerie nationale sur l’état d’avancement de ce projet. Dans sa réponse, le Général Hubert BONNEAU m’a alors indiqué que « les plans de relocalisation du ministère de l’Intérieur sont pour l’heure remis à l’étude, au regard des coûts importants induits par ces transferts ». Un tel retour en arrière serait jugé inacceptable, comme je l’ai souligné lors de mon intervention au Sénat en début de semaine, à l’occasion d’une séance de questions orales.
Après avoir écrit à Bruno RETAILLEAU, ministre de l’Intérieur, dès le mois de novembre dernier, je suis revenu à la charge dans l’hémicycle et j’ai de nouveau plaidé en faveur de la concrétisation de ce projet, mettant en avant sa compatibilité avec l’exigence budgétaire et confirmant que la ville de Cahors est résolument prête à accueillir ces 32 acteurs clés de la sécurité publique.
J’ai ainsi précisé que les locaux destinés à accueillir cette antenne de l’IGGN ont d’ores et déjà été identifiés, qu’ils appartiennent à l’État et qu’ils ne nécessitent pas de mener des travaux d’ampleur. J’ai rappelé que les bâtiments situés rue des Carmes ont été abandonnés par l’État dans le cadre du mouvement de recentralisation, qui a particulièrement affecté les villes-préfectures. La concrétisation de ce projet serait, selon moi, un juste retour des choses. Dans mon intervention, j’ai également mentionné le fait que le chef de l’IGGN a récemment été reçu à Cahors afin d’évoquer les modalités concrètes d’installation et d’hébergement des agents concernés par ce redéploiement.
« Un État qui ne tient pas ses engagements, c’est un État qui porte atteinte à la confiance en laissant la colère ronger les territoires. Le respect de la parole de l’État, c’est un principe de crédibilité et de continuité. C’est un principe qui vaut pour votre Gouvernement, comme pour celui qui pourrait vous succéder, compte tenu de l’instabilité actuelle. »
Dans sa réponse, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur a déclaré que « le projet de relocalisation à Cahors fait l’objet d’études complémentaires » dans un contexte d’incertitude budgétaire. Évoquant le budget de la Gendarmerie pour l’année 2025, Othman NASROU a précisé que « la programmation immobilière sera prioritairement consacrée aux bâtiments les plus vétustes » mais que « cette relocalisation peut tout à fait venir s’inscrire dans cette programmation immobilière, à condition que les crédits budgétaires alloués aux forces de la Gendarmerie nationale et au périmètre du ministère de l’Intérieur puissent être sacralisés et prévus, comme ils ont commencé à l’être dans les travaux menés par le Sénat ». « Nous suivons cette implantation de très près », a conclu le représentant du Gouvernement.
Souhaitant que ce projet aboutisse, je reste pleinement mobilisé et particulièrement vigilant face à un contexte institutionnel et budgétaire plus que jamais marqué par la fragilité et l’incertitude.
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Jean-Marc VAYSSOUZE-FAURE, sénateur du Lot